Les biais derrière les sujets d’argent
- Elise Bertrand
- 8 sept.
- 2 min de lecture
Ce n’est pas (que) une histoire de chiffres.
Par Élise Bertrand
Elle est là, face à moi.
Elle vient de me présenter son offre : solide, bien pensée, avec de vrais bénéfices.
Et pourtant, au moment de parler prix, sa voix baisse, elle bafouille un peu, et me lance :
“Mais bon, si c’est trop cher, on peut en discuter…” Elle ne s’en rend pas compte.
Elle est déjà en train de négocier avec elle-même.
Comme si son travail méritait d’être justifié. Comme si faire payer “juste” était déjà “trop”.

Quand on parle d’argent, on ne parle pas que d’argent
On croit qu’on prend des décisions logiques. Qu’on fixe un tarif, un budget ou un investissement avec la tête froide.Mais souvent, ce sont des biais invisibles qui nous dirigent.
Peurs anciennes. Croyances héritées. Messages reçus (ou mal digérés).Et ce réflexe, profondément humain : éviter l’inconfort, surtout quand il touche à la valeur.
Les biais qui faussent notre rapport à l’argent
Tu ne les vois pas toujours, mais ils sont là.Ils s'invitent quand tu refuses un projet trop bien payé “parce que ça fait trop d’un coup”.Quand tu hésites à augmenter tes tarifs, malgré l’épuisement.Quand tu donnes trop, ou que tu t’excuses de vendre.
Voici quelques-uns des biais les plus fréquents :
Le biais de loyauté familiale : "Je ne veux pas gagner plus que mes parents."
La peur du rejet : "Si je demande ce montant, ils vont partir."
Le biais de rareté : "Ce client, je ne le retrouverai pas, alors autant accepter."
Le syndrome de l’imposteur : "Je débute, je ne suis pas encore assez légitime."
La confusion entre valeur personnelle et prix affiché : "Si on me dit non, c’est que je ne vaux pas ce prix."
La comparaison biaisée : "Les autres font moins cher, donc je dois baisser aussi."
Et si ce n’était pas une question de chiffres mal placés ?
Et si ce que tu appelles “problème de tarifs” était en fait un conflit plus profond avec ce que tu crois mériter ?Et si ta difficulté à vendre ou à investir n’était pas liée à ton offre… mais à ton histoire personnelle avec l’argent ?
L’argent agit comme un miroir. Il reflète bien plus que ce qu’on facture :il révèle notre capacité à assumer, à recevoir, à dire non, à croire en ce qu’on apporte.

Ce qu’on retient :
Fixer un prix, ce n’est pas juste une opération comptable.
C’est un acte de positionnement. Un signal qu’on envoie. Et pour que ce signal soit clair, il faut avoir nettoyé les interférences invisibles.
🃏 Envie de creuser ton rapport à l’argent ?
Viens jouer au Challenge du mois – Carte sur table.Un moment gratuit pour identifier les décalages entre ce que tu proposes… et ce que tu oses demander.



